| Rencontre d'artiste # 3 | |||||||||
| Rencontre photographique ouverte à tout public. | |||||||||
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session : stage se déroulant à la Maison Folie de la Ferme d'en Haut -
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| J'ai
orienté mes recherches sur le travail avec les poupées fin
88. Je m'étais rendu compte qu'en me photographiant en noir et blanc
et en réalisant un tirage sur lequel je me détourai à
l'aide d'un cutter je pouvais rephotographier cette image de moi, bien face
à l'objectif et la bidimensionalité de cette image disparaissait
au profit de l'illusion du relief ( Le photographe, 1988 ). Après
cette image, j'ai voulu me représenter comme une figurine sur les
gâteaux de mariage. J'ai d'abord contacté des boulangers mais
ces figurines ne convenaient pas. Le hasard fait le reste, je passe devant
un magasin de jouets et découvre une poupée Barbie vêtue
en mariée. Je ne connaissais pas le jouet mais en montrant cette
première photo ( Mariage, 1988 in catalogue d'un art l'autre ), les
enfants de mes amis m'ont montré qu'il existait aussi toute une panoplie
d'accessoires : maison, voiture, vêtements, objets usuels de notre
monde contemporain. Depuis je me photographie dans un monde de jouets. Dans des carnets, je réalise des croquis et prends des notes qui me serviront à construire le décor propice à ma scénographie imaginée. J'achète ensuite les jouets, les poupées et ustensiles nécessaires à la réalisation de la scène. Tout peut servir, légo, gadgets, bibelots, objets magnétiques pour frigos, etc... Les poupées sont démantelées, découpées, soumises à des transformations pour obtenir la pose désirée. Je réalise alors mon autoportrait avec l'aide de mon assistante qui s'occupe aussi du "stylisme" des poupées et des fabrications de décors. La pose est définie à l'avance comme la lumière. Ce tirage, où je suis cadré à la dimension des poupées me sert à réaliser après découpage ma propre marionnette que j'insère, après l'avoir renforcée au dos avec du fil de fer, dans le décor dimension jouet. La dernière étapeconsiste à photographier cette mise-en-scène. Olivier Rebufa, 2000 Olivier Rebufa est photographe, il a fait sienne l'utilisation de la supercherie, visuelle et affective. Par un système très simple d'implantation de sa propre image en modèle réduit dans un univers qu'il compose à partir de poupées Barbie, il s'est créé un monde de rêve où la présence féminine est sans âge et toujours souriante. Si ce travail paraît simple a priori, il fait état de la duplicité de l'homme, et nous renvoie sans cesse aux abominables stéréotypes que les petites filles connaissent bien. Il joue au papa, à l'amant, au mari, au héros. En réalité, il s'agit d'un travail pervers où existe et transparaît une véritable tragédie mêlée de ludisme, une impossibilité de résoudre angoisses et peurs où la folie guette. Les images peuvent faire rire ; mais la dimension pathétique existe bien et met à plat tous les stratagèmes commerciaux et idéologiques véhiculés par les poupées Barbie. ( ... ) L'utilisation du noir et du blanc et de l'esthétisme publicitaire intervient pour mettre une distance supplémentaire avec la réalité, même s'il s'agit d'autoportraits, car il est important pour la cohérence conceptuelle de ces images que l'artiste en soit à la fois le sujet et l'objet. ( ... ) Rebufa révèle une oeuvre pessimiste et dénaturée, en ce sens qu'elle donne une fausse apparence. Les clichés dans lesquels nous le trouvons mis en scène ressemblent à autant de petites séquences rêvées, mais il s'agit d'un rêve qui ne se réalise pas. Ainsi les événements se transforment parfois en cauchemars et l'appropriation de tant de bonheur factice montre à quel point la solitude existe. Nathalie Viot, O.R. Le sens du modèle ( extraits ), 1995 |
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Destin
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